Journal de Bord de l’expedition Karydi 2015

Stanislas Francfort

13/10/2015

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Résumé

Encore une fois un camp bien rempli avec les objectifs suivants que nous avons accomplis : pose de 12 sondes Reefnet dans le cadre du projet Hyro-Karydi ; nouvelles cavités découvertes grâce à Google earth, dont un joli P98 topographié et exploré ; deux pointes lointaines et topographie en siphon et en post-siphon à Honos de Sitanos et Ano Peristeras Aval ; balisage magnétique pour recaler la topo ; escalades et désobstructions qui n’ont pas menés très loin.
Pour ce camp, nous avons été de nombreux Français, et l’ambiance a été excellente.

TPST personnel total 41h.

Jour 1 (Mercredi 23/09)

Je passe chercher Sylvain chez lui. On laisse la voiture chez Nico, et après un rapide repas, il nous emmène à l’aéroport où nous retrouvons Stéphane et Jean-Baptise (Juan). Nous avons nos poches pleines de tout ce qui est petit est lourd. Jean-Baptiste fait tomber sa veste qui fait un bruit d’enclume. Nous calibrons finement nos bagages au peson.
Petite anecdote sympathique : au moment d’enregistrer les bagages, l’hôtesse nous propose de passer en soute nos bagages à main. J’accepte car je n’ai besoin de rien là dedans. Mais je fais un peu vite le tri, et laisse passer en soute ma pièce d’identité. Je m’en aperçois vite, mais trop tard, mon bagage est parti. J’ai réussi à le récupérer après un petit jeu de piste dans les arrières couloirs de l’aéroport.

A l’arrivée, on récupère les deux voitures de Kafetzakis, et après une pause mix-grill/ Raki/ Bière, nous arrivons vers 1h du matin.
Jean-Luc, Christophe et Patrice sont déjà là, en train de dormir. Ils ont eu le temps de récupérer tout le matériel, de faire les courses, et d’aller déposer des bouteilles au fond de Honos de Sitanos.

Dans le gîte

Dans le gîte

Jour 2 (Jeudi 24/09)

Jean-Luc, Christophe (XiS) et Patrice partent plus tôt que nous pour plonger l’aval de Honos de Sitanos. Jean-Luc pousse la première dans le dernier siphon (S4 ?), et fait demi-tour sur limite d’air. En chemin, il y trouve une eau plutôt trouble, et une grande salle, avec une continuation non évidente. Il faudra refaire une plongée de pointe pour poursuivre l’exploration dans cette direction.
Avant leur départ, au réveil, je dois me dépêcher de paramétrer une sonde Reefnet pour qu’ils l’emportent. Ce sera la première sonde à être déposée sur les douze prévues, et nous devrons les récupérer dans un an pour exploiter les données. Calculs, écriture de code et recompilation en vitesse car ça ne fonctionne pas comme prévu. Finalement, la sonde est prête à temps. Comme on la dépose au-delà d’un siphon, celle-ci est paramétrée pour tenir deux ans, au cas où…
Pendant la plongée de Jean-Luc, les deux coéquipiers, Christophe et Patrice posent la sonde à l’endroit prévu, juste avant le S2. Ils en profitent également pour refaire l’équipement de la cascade entre le S1 et le S2.

Sylvain, Stéphane, Jean-Baptiste et moi partons à Ano Peristeras. Nous équipons la cavité, posons une sonde Reefnet atmosphérique, et déposons du matériel de plongée au S2bis. Nous prenons notre temps pendant la progression pour admirer et expliquer la cavité.
La sortie sera marquée par quelques événements : un noeud italien mal fait sur un bout de nouille manque d’envoyer l’équipier en bas directement, un énorme coup de boule sur le plafond enfonce les cervicales d’un deuxième équipier, l’envoi rebondir le cul en arrière en contrebas, et lui arrache un bout de doigt. Un troisième équipier se retrouve pendu dans une flèche de main courante, 30 mètres de vide en dessous de lui, pendu à sa longe ouverte, n’osant plus bouger de peur que la longe se décroche. Quant au quatrième équipier, il a retrouvé sa lampe de plongée perdue l’année précédente proche du S2bis, et sa paire de lunettes, perdue la même année, flottant dans sa boite dans l’eau du S1. Tout en bon état, un peu calcifié tout de même.
Le soir nous fêtons nos émotions par un apéro bien arrosé au café Neion.

TPST 5h.

On retrouve la lampe et les lunettes perdues l’année passée

On retrouve la lampe et les lunettes perdues l’année passée

Jour 3 (Vendredi 25/09)

Je me réveille à 12h30 !
Il semble que j’avais besoin de récupérer. Je prends mon petit déjeuner de salade crètoise, et d’un café. Les 6 autres partent après ce repas pour aller désober les passages étroits de Honos de Sitanos. J’en profite pour monter ma tente, bouiner dans le gîte, préparer des affaires et les sondes pour les jours prochains.
Je continues le développement des programmes permettant de gérer les sondes sous Linux.

Cette nuit, Donald, Hélène, Arnaud, José, Alexandre, Véro, Daniel et Luc arrivent vers 2h30 du matin.

Le soleil de Kato Zakros

Le soleil de Kato Zakros

Jour 4 (Samedi 26/09) :

Je continue la programmation des logiciels pour gérer les sondes Reefnet. Après des heures de labeur, j’en ai enfin fini. Mais pour pouvoir développer, je dois aller à Kato Zakros avec Sylvain pour avoir une connection à internet. C’est pas rapide mais ça fonctionne.

A notre retour, je tombe sur Donald, Daniel et Véro, et on part en prospection vers un site repéré par Donald sur google earth. Le gouffre est immense, on descend dedans, et on doit faire demi tour par manque de corde, casque et lumières. A notre retour, on s’aperçoit que c’est en fait Kato Peristeras. Une cavité qui queute au bout de 140 mètres. Elle a été explorée de fond en comble à par Jean-Luc, Aurélien et Bruno, et est bien connue. Il y a même un panneau explicatif avec nom et photo en bord de route.

Christophe pousse la pointe dans le dernier siphon de honos de Sitanos et ajoute 50 mètres. Il n’est plus qu’à 3 mètres de la surface après un passage bas à -17m. Il revient avec la topo.
Pendant ce temps, Patrice et Jean-Baptiste font des escalades entre le S1 et le S2 de Honos de Sitanos. Nous subissons plusieurs sessions de portage à Ano Peristeras pour y descendre du matériel de plongée, et à Honos de Sitanos pour y sortir du matériel.
Nikos, Maria et une autre Crétoise équipent le Dadula jusqu’à -200m. Ca nous aidera bien pour la suite.

TPST 1h.

Véro, Daniel et Donald à l’entrée de Kato Peristeras

Véro, Daniel et Donald à l’entrée de Kato Peristeras

Jour 5 (Dimanche 27/09) :

Nous descendons, Sylvain et moi, au fond du Dadula. Sylvain équipe la vire dans les concrétions au dessus de la laisse d’eau, et le reste de la cavité. Nous nous disons une nouvelle fois que ça serait pas mal d’équiper ça de manière un peu plus pratique.
Le niveau de l’eau est très très bas.
Une fois au fond, nous tapons pendant une bonne demi-heure sur le tamponoir pour percer de quoi fixer un goujon de 6, et une heure plus tard, une fois la sonde mise en place, nous prenons le chemin du retour. On a accroché la reefnet sur la parois, et nous la relions par une cordelette au fil d’ariane. Cela nous permettra de la retrouver si le niveau d’eau est plus haut dans un an.

Sortie à 21h, comme à chaque fois en sortant du Dadula, un petit peu fatigués.

TPST 7h30

Le siphon asséché au fond du Dadula, et la sonde Reefnet

Le siphon asséché au fond du Dadula, et la sonde Reefnet

Jour 6 (Lundi 28/09)

Stéphane, Sylvain, Patrice, Jean-Baptiste et moi, nous allons manger à Kato Zakros, puis revenons vers Zakros pour y visiter la source. Nous trouvons comme il y a deux ans une multitude de Niphargus.
Jean-Baptiste, Sylvain et moi continuons le périple et allons poser une sonde Reefnet à Flegaz. Nous trouvons deux barres de métal que nous emboitons l’une dans l’autre pour déposer la sonde de manière sécurisée au fond d’un trou entre les blocs.
La vallée de Flegaz nous a posé moins de problèmes que les années précédentes, et nous parvenons au bout en voiture, une vaillante Fiat Panda.

La source enchantée de Zakros

La source enchantée de Zakros

Jour 7 (Mardi 29/09)

Je passe la journée seul. Je commence par aller poser la sonde atmosphérique à Flegaz. Je trouve un endroit facilement reconnaissable, un peu à l’écart des sentiers de chasseurs. La sonde est située dans un buissson !
Comme le temps est beau et le canyon engageant, je décide de remonter le canyon vers le plateau. Je prospecte tout le long du canyon. Et je m’arrache un peu les mollets et les bras sur des épineux.
Finalement je remonte tout le canyon et continue ma balade sur le plateau. je suis dans un triangle entre Flegaz, Dadula, et l’extrême aval de Ano Peristeras. Ca serait pas mal de trouver des phénomènes karstologiques par ici. J’y trouve uniquement un trou de 4m qui semble se finir sur un remplissage d’argile, mais je ne peux pas y descendre. x=35s0427682, y=3890022, z=512m
Finalement, le temps passe, et je rentre par un chemin difficile vers le bas de la vallée. Je retrouve en soirée Sylvain et Sarah à Kato Zakros.

Aujourd’hui c’est aussi le jour du départ de Christophe et Jean-Luc vers le post siphon aval de Ano Peristeras. En tout, ils nous ramèneront 700m de première topographiés vers l’aval, jusqu’au siphon S5, et 100m de première vers l’amont d’un affluent vers un autre siphon S6. Ca nous promet de lourds et lointains portages post-siphon pour l’année prochaine. Chouette ! Mais l’aval oblique bien vers le sud. Soit, comme le pense Jean-Luc, une ride schisteuse nous renvoie tout ça vers le nord et Flegaz, soit ça ressort plutôt en direction du canyon de Maza. Il va vraiment falloir le faire ce traçage un jour…
Ils en profitent pour apporter une balise magnétique avec eux, et faire la localisation d’un point topo précis. Ceci, ainsi que deux précédents balisages, va nous permettre de recaler la topo.

Le plateau en haut de la vallée de Flegaz

Le plateau en haut de la vallée de Flegaz

Jour 8 (Mercredi 30/09) :

Grosse grosse journée pour Jean-Baptiste et moi. Nous allons passer le S2bis vers l’amont pour que Jean-Baptiste plonge un siphon dans l’amont d’Ano Peristeras. Il a vu un miroir il ya deux ans, et on se demande si ça continue. Ca fera aussi un bon exercice d’équipement et d’autonomie. Pour moi ça sera un exercice de portage et d’attente. Je prévois ma bougie, ma cagoule et ma couverture de survie (bilan, ça fonctionne bien, ça résiste à l’eau, c’est léger et ça réchauffe efficacement– il y a juste un pette soucis de briquet piezo qu’il vaudra mieux, les prochaines fois, passer dans un contenant étanche pour moins galérer... “clic, clic, clic, mais vas-tu te décider à me faire une étincelle, oui ou m*** ”).
Détail rigolo, au lieu de se trouver 200m après le siphon S2bis, le site de la plongée se situe 600m et deux gros éboulis difficilement praticables après le siphon. Ce qui devait être une petite balade se transforme en gros portage. Heureusement que les blocs de plongée ne sont pas trop lourds…
Sur le chemin du retour nous trouvons un endroit idéal pour poser une sonde, juste avant un déversoir percé d’un trou. Peut-être pourrons nous calculer du débit grâce à cela ?
Autre détail rigolo, pour passer le siphon S2bis à l’aller, nous avons dû modifier un peu notre configuration de plongée à cause d’un cafouillage de logistique matérielle concernant les détendeurs. De plus, pendant sa plongée d’exploration, Jean-Baptiste a eu un détendeur qui ne lui a donné que de l’eau (ce qui l’a bien fait tousser). Au retour, nous nous demandons lequel de nous deux plongera avec le détendeur qui n’a pas trop fonctionné… Ca nous a valu des plongées pas dangereuses, mais bien tendues.

TPST 11h.

Jean-Baptiste s’équipe pour la plongée d’exploration

Jean-Baptiste s’équipe pour la plongée d’exploration

Jour 9 (Jeudi 01/10)

Stéphane et Alex vont déséquiper le fond du Dadula. Je les accompagne pendant une petite heure, pour leur montrer le chemin de l’entrée de la grotte, et comment trouver le départ de l’enchainement des puits. Comme Alex n’a pas de pantin, je lui prête le mien, et fais le retour sur une pédale. J’avais oublié à quel point c’est plus difficile de remonter sans pantin. Je pense que j’aurai pas plus galéré à monter le Ventoux en vélo avec une seule pédale. Je rejoins Jean-Baptiste resté en surface, et nous prenons la route du gîte puis de Kato Zakros.

TPST 1h.

Notre matériel devant le gîte

Notre matériel devant le gîte

Jour 10 (Vendredi 02/10)

Grosse journée pour moi aujourd’hui, avec trois plongées, et du portage.
Tout se passe dans Ano Peristeras, et commence le matin. Nous descendons avec Patrice pour que je plonge le S1, pour y récupérer le pied photo perdu quelques jours auparavant sur le chemin du S3. Je dois chercher 30 minutes à tatons avant de le trouver. L’eau du S1 est vraiment bien trouble, et le fond est assez irrégulier. Il a été difficile de s’y retrouver, mais finalement tout est bien qui finit bien, Daniel va être content, et moi je suis gelé.

Puis nous nous dirigeons vers le S3. J’y place une sonde, non loin du fil d’ariane, et fais une plongée aussi loin que l’air me le permet. Depuis que je suis malade, mais oreilles passent mal, et je prends du temps à faire les yoyos. Le siphon est vraiment magnifique et les volumes d’eau sont impressionants.
Patrice y fait une plongée aussi, avec des difficultés pour s’équilibrer, il est trop léger, il a du mal à couler... satanées bouteilles carbone.

A la fin de la plongée, Jean-Luc et Christophe arrivent. Nous enkittons pour rapporter en surface tout le matériel descendu pour leur pointe et leur bivouac post S3. Au passage, je fais une troisième plongée dans le S2bis, pour y placer une sonde. Une fois ceci fait, les coéquipiers sont encore sur place, et je prends le chemin du retour avec eux.

Sur le retour, nous laissons Jean-Luc, Christophe et Patrice devant nous, et remontons à un rythme plus lent. Je fais un détour avec Luc vers l’amont du S2 pour y placer la dernière sonde. Mission accomplie, enfin toutes les sondes sont placées dans Ano Peristeras. Il ne manque plus que celle de Honos de Honos. Le retour est fatiguant, mais nous parvenons à tout remonter. José est en tête de puits pour nous aider à remonter les kits avec un palant. Jean-Baptiste et moi déséquipons, mais nous laissons une corde sur le petit puits d’entrée pour revenir prendre une photo de la sonde atmosphérique que nous avons positionnée ici en début de camp.

TPST 11h.

Moi, plongeant le S1 pour trouver le pied photo

Moi, plongeant le S1 pour trouver le pied photo

Jour 11 (Samedi 03/10)

Une journée de prospection sur le plateau et de désobstruction. Balade avec José, Alex, Jean-Baptiste, et Stéphane. Nous rejoignons un trou trouvé par José il y a deux ans. Un bien beau trou qui semble prometteur… mais bien bouché. Jean-Baptiste et Stéphane passent un bon moment à déplacer des blocs. Moi je les regarde, assis sur le bord du trou. Ils trouvent un joli scorpion, mais pas de continuation. Dommage. x=35s0422766, y=3890168, z=701m.

Avant de rentrer, nous passons par le trou souffleur, trouvé par Jean-Luc cet hiver et qui a déjà subi une ou deux séances de désob. Nous creusons dans le prolongement de la cavité et Stéphane progresse de 5m. Ça souffle, mais ça semble bouché de concrétionnement. Nous allons voir de l’autre côté, et ça souffle aussi. x=35s0423357, y=3890091, z=559m.

Au passage, nous avons pu admirer le joli et impressionant P98 trouvé par Donald grace à Google Earth, et exploré cette année. Malheureusement, nous n’avons pas de cordes et ne pouvons pas y descendre. Mais houlala ça s’enfonce tout droit vers le centre de la terre. Daniel en a fait une très jolie topo sur papier millimétré, avec habillage et tout et tout. Bravo. x=35s0423238, y=3890098, z=577m.

TPST 1h.

José, Alex, Stéphane, Juan et moi

José, Alex, Stéphane, Juan et moi

Jour 12 (Dimanche 04/10)

Nous allons poser une sonde Reefnet tout au fond de Honos de Honos, avec Stéphane, Jean-Baptiste, Maria, Nikos et Vassili. La sortie est bien sympathique. Pour une fois, nous passons un peu de temps avec les Crètois. Nous devons désober pour atteindre le fond, car le passage bas s’est une fois de plus rempli de sable et de galets. L’étroiture dans la concrétion nous pose encore une fois un problème, et nous tentons de l’élargir… sans succés. Nikos et Vassili décident d’y retourner pendant l’année pour finir le boulot. Je dois dégonfler ma cage thoracique pour passer, sinon ça coince. Dur dur de faire des efforts les poumons évidés. Nikos joue du perfo pour placer un goujon, une plaquette et y fixer une sonde. Celle-ci aussi est bien placée, et on se demande bien quelle type de courbe elle va nous donner dans un an. Au retour, Nikos place deux ammarages neufs en tête de puits, ce qui nous aidera pour les prochaines fois.

Départ de Patrice, Christophe et Jean-Luc. Ils vont faire une plongée du côté d’Heraklion.

TPST 3h.

Notre équipe au Honos de Honos

Notre équipe au Honos de Honos

Jour 13 (Lundi 05/10)

Départ de Alexandre, Luc, Véronique, Hélène, Donald, Arnaud, Daniel. Nous ne sommes plus que trois, le gîte semble maintenant bien vide.

Nous prenons un bon petit déjeuner de yaourths au miel à Karydi. Le soir, nous allons prendre une photo de la sonde atmosphérique de Ano Peristeras, et nous déséquipons définitivement cette cavité. Nous la retrouverons avec plaisir l’année prochaine. Jean-baptiste est de plus en plus malade. Il se mouche où il peut.

Nous commençons à évoquer des plans pour l’année prochaine. Topos ? Désob ? Plongée(s) ? Traçages ? Portage post-siphon ? Bivouac post-siphon ?

TPST : 0.5h

Une dernière descente

Une dernière descente

Jour 14 (Mardi 06/10)

Réveil 8h30 au son d’un marchand ambulant.
Aujourd’hui nous avons l’unique projet de nettoyer le matériel de spéléo, mais nous n’y parviendrons pas. Nous passons plutôt du temps à Zakros puis Kato Zakros, à discuter, se reposer, glander...

Nettoyage du matériel sous la pluie

Nettoyage du matériel sous la pluie

Jour 15 (Mercredi 07/10)

Nous nettoyons le matériel au matin, sous la pluie. Puis nous nous mettons en route en fin de matinée, une fois le gîte nettoyé.

Retour vers Heraklion. Au passage, nous nous arrêtons chez Chryssa pour prendre un café, et déposer le matériel de spéléo restant chez Spok.
Ce dernier jour, nous discutons encore des activités de l’année prochaine.

Enfin, nous nous envolons pour la France. Le retour se fait sans histoire, si ce n’est qu’une fois arrivé à l’aéroport de Nantes, aux tapis à bagages, je m’aperçois que j’ai perdu ma carte bleue. Elle a dû tomber de ma poche dans l’avion. Heureusement, je suis autorisé à y retourner et je la retrouve.
Nico vient nous chercher à l’aéroport, et nous rentrons à Tours en voiture, bien crevés. Une petite surprise nous attend une fois arrivés, à 2h du matin : j’ai confondu mes clefs, et je n’ai pas ma clef de la maison, seulement celle du garage. Après une demi-heure où nous tentons en vain de joindre un serrurier, nous décidons de dormir dans le garage, par 10 degrés, dans nos duvets trops légers, sur nos combinaisons néoprènes de plongée… Je sens que je vais en entendre parler longtemps de cette histoire…

Voilà, le camp est fini, vivement l’année prochaine qu’on recommence !

Notre hôtel pour la dernière nuit

Notre hôtel pour la dernière nuit

Les projets pour le prochain camp

  • Sondes Reefnet : récupération des sondes que nous avons déposées cette année. Elles vont nous donner beaucoup d’informations intéressantes.

  • Topographie du post S2bis (AnoPeristeras) : la poursuite des explorations en post-siphon S2bis de Ano Peristeras nécessite une topographie précise. Cela nous permettra de parler sans ambiguïté des différents lieux, et nous évitera des déconvenues comme celle qui nous est arrivée à Jean-Baptiste et à moi (600m et deux éboulis au lieu d’une marche tranquille de 200m pour trouver le lieu de la plongée). Il y a de nombreux passages à explorer et à escalader là-bas derrière, et nous devons être sûr de bien gérer tout ça. Pour topographier cette longue rivière, un bivouac peut être nécessaire, il va falloir s’y préparer.

  • Vidage définitif du S2bis (Ano Peristeras) : nous souhaitons ouvrir cette partie de la rivière aux non plongeurs. De plus, cela peut permettre de faciliter les explorations post S2bis en comptant sur un plus grand nombre de spéléo pour cette exploration, plutôt que sur uniquement des plongeurs. La topo indique 486m d’altitude pour le S2bis, et 482m pour le S3, soit 4 mètres de différence. Il faudra re-topographier précisément cet inter-siphon. Nous devrons aussi topographier avec exactitude le plafond du S2bis pour savoir de combien nous devons faire baisser le niveau. ensuite, nous n’aurons plus qu’à creuser, creuser, creuser… Prévoir de quoi faire exploser la roche si nous tombons sur une lame calcaire au sol (explosif qui fonctionne dans l’eau), ou si nous voulons détacher le plafond du S2bis.

  • Présentation photo/vidéo à Karydi : Nous voulons informer les habitants du village qui nous accueille de nos activités, ainsi que leur faire prendre conscience de leur sous-sol. Pour cela, nous voulons faire une présentation de photos et de films aux habitants de Karydi. Il est question d’élargir l’auditoir aux villages voisins (Zakros, Sitanos, Xandar ?)

  • Traçage S2/S2bis : Avec le nouveau conductimètre du CDS 37, nous pouvons faire un traçage au sel du S2bis. Les conductivités ont montré que cette hypothèse est crédible. Les altitudes des topos indiquent une différence de 4 mètres (S2 Aval : 491m au point topo C19, et S2 amont 495m au point topo 68(L79)). Comme ça, l’hypothèse de connection sera validée/falsifiée une fois pour toute. Pourquoi pas réessayer de le plonger.

  • Traçage Ano Peristeras vers Flegaz : comme la branche Est d’Ano Peristeras oblique bien vers le sud, il est temps de tester l’hypothèse que Ano Peristeras se vide dans Flegaz.

  • Prospection branche Est : pour beaucoup d’entre nous, nous ne sommes pas encore allés voir dans la zone Dadula - Ano Peristeras canyon de Maza - Flegaz.

  • Et toujours : portage pour les pointes de Christophe et Jean-Luc (Sitanos, S5 et S6 de Ano Peristeras), conductivités, biospéléo, plongée du fond du Dadula, prospection et désobstruction...